Vues d'ailleurs ...

Vendredi 10 juillet 2009


Le Hamas compte-t-il faire appliquer strictement la loi islamique dans la Bande de Gaza ? C'est ce que craignent les observateurs depuis un incident récent, la tentative d'arrestation d'une femme qui marchait sur une plage avec un ami : un comportement jugé religieusement incorrect par le mouvement islamiste.

C'est le premier exemple connu d'une telle action du Hamas, visant à punir une femme pour un comportement jugé non-islamique, depuis que le groupe s'est emparé du pouvoir dans la Bande de Gaza en juin 2007. Mais il intervient après des mois de discrètes pressions sur la population du petit territoire palestinien (1,4 million d'habitants) pour qu'elle observe des moeurs islamiques strictes.

Le Hamas a appelé publiquement les commerçants à retirer les publicités étrangères montrant des silhouettes féminines et à ranger à l'abri des regards des pièces de lingerie souvent exposées en vitrine.


Les autorités contrôlent aussi les magasins de matériel électronique pour s'assurer qu'ils ne vendent pas de documents pornographiques sur de petits disques durs.

Le Hamas dément toute campagne de répression. Et depuis son arrivée au pouvoir, il affirme vouloir diriger en donnant l'exemple, pas en imposant ses vues. Mais il est resté apparemment passif devant les agissements d'obscurs groupuscules qui ont attaqué des symboles - à leurs yeux - de l'immoralité occidentale, comme des coiffeurs et des cybercafés. Une attitude qui a suscité des critiques contre le Hamas, jugé trop conciliant à l'égard des groupes musulmans radicaux.

La journaliste indépendante Asma al-Ghoul représente une exception à Gaza car elle ne porte pas le foulard islamique. Fin juin, elle était habillée d'un jean et d'un T-shirt -une tenue considérée comme assez provocante dans la société conservatrice gazaouie - lorsqu'elle est allée se baigner, ainsi vêtue, avec une amie. Elle a ensuite demandé à un ami de l'accompagner jusqu'à une cabine de plage pour prendre une douche et se changer.

Trois policiers sont arrivés, attendant que Mme Al-Ghoul sorte de la cabine, raconte un témoin sous le couvert de l'anonymat. Ils ont pris sa carte d'identité et lui ont demandé de les accompagner au poste, ce qu'elle a refusé. Une dispute a ensuite éclaté, mais elle a pu éviter l'arrestation et a récupéré sa carte après l'intervention du propriétaire du cabanon auprès d'un responsable du Hamas.

Les policiers n'ont pas dit pourquoi ils voulaient l'arrêter, mais ont insinué que son comportement était inconvenant. En vertu de l'interprétation stricte que fait le Hamas de la loi islamique, une femme ne devrait pas sortir en public avec des hommes avec qui elle n'a pas de liens de parenté.

Mme Al-Ghoul raconte que l'homme qui l'accompagnait et deux amis de celui-ci ont plus tard été frappés par la police du Hamas, gardés en détention pendant plusieurs heures et se sont vu demander de signer des déclarations en vertu desquelles ils s'engageaient à ne plus "violer les normes de la morale publique".

Mme Al-Ghoul estime n'avoir rien fait de mal. "Je ne suis pas provocante et ma tenue n'est pas provocante", assure-t-elle.

Son histoire a été rendue publique grâce à des groupes de défense des droits civiques qui l'ont évoquée sur des sites Web. Le récit de la jeune femme a été confirmé par deux autres témoins, dont Adham Khalil, l'un des hommes arrêtés, qui précise avoir été frappé.

Le porte-parole de la police, Islam Shahwan, a démenti l'incident, mais a ajouté que les habitants de Gaza "doivent préserver (leurs) coutumes et les traditions islamiques".

 

 

Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 avril 2009

Je ne résiste pas à l'envie de vous partager ce sympathique article déniché sur le net, tout à fait approprié à notre grande famille, essentiellement en sa partie conclusive !



"Aux Marquises, la vie de tous les jours est agrémentée de mélodies, de danses et surtout d'objets artistiques. Car la sculpture qui permet à des artistes adroits de gagner leur vie en vendant des petites merveilles aux touristes de passage, est essentielle pour réaliser les outils de la cuisine traditionnelle.



Pour séduire et convaincre les clients-voyageurs de passage sur l'île, les sculpteurs sont allés chercher les plus beaux minéraux et ont réalisé des pilons de toute beauté. Et pourtant, chaque semaine, d'autres pilons battent la popoï et le kaku dans les plats en miro.



Le sculpteur doit alors convaincre la ménagère pour vendre son outil ... et la ménagère est une dame ... avec toutes les exigences féminines ... Alors ... comment convaincre ?



Peut-être en ponçant, en frottant, en astiquant un superbe pilon qui promet efficacité et rendement ...



Alors, sûr de son coup, le maître d'oeuvre pourra envisager une issue favorable à son commerce ...

 

Mais, a-t-il bien pensé aux difficultés qui se présenteront lorsqu'il voudra introduire son pilon dans un plat de taille normale? A-t-il bien prévu que son immense et lourd pilon se montrera bien fainéant dans la popoï et que même si la purée de mei gémit en faisant "floc, floc, floc", il manquera singulièrement de souplesse et de vivacité ...



D'ailleurs, la vendeuse de colliers fait une moue peu convaincue ... 



Et les tikis en profiteront pour rire de ces humains qui ont le pilon plus gros que la cervelle ..."

(Source Les Marquises)


 

Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 5 février 2009

Une histoire de l’hétérosexualité triomphante


Dans un ouvrage récent, Louis-Georges Tin révèle que d’autres chercheurs occultaient tant bien que mal: la culture hétérosexuelle n’a pas toujours été en odeur de sainteté.
 

Mais d’où vient cette manie chez les hétéros d’exalter l’amour entre hommes et femmes à tout bout de champ? Et de nous gaver de gondoles à Venise, d’hommes, de femmes, de chabadabadas? Et de croire que tout cela est bien naturel. Eh bien non, justement. Si les pratiques hétérosexuelles ont toujours existé, l’expression du sentiment amoureux hétérosexuel n’a pas toujours été valorisée. C’est ce que nous apprend L’invention de la culture hétérosexuelle, un ouvrage de Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et directeur du Dictionnaire de l’homophobie. Ses recherches démarrent au XIIe siècle, époque où commence à se développer cette tradition courtoise, plutôt mal accueillie par la culture dominante de l’époque. «Dans la société médiévale, virile et guerrière, les affections ne peuvent se développer que dans un cadre masculin», explique Louis-Georges Tin de sa voix suave, posée, reconnaissable entre toutes. «Qui voudrait s’enticher d’une femme, objet socialement méprisé?» Faut-il pour autant se mettre à voir des couples homos partout? Certes, non! Disons que ce culte de l’amitié était proche du sentiment amoureux sans en être un, une délicieuse ambiguïté en somme.
 

L’intérêt de l’ouvrage est plus particulièrement de montrer comment l’éthique chevaleresque, l’Eglise et la médecine ont opposé pendant des siècles une résistance acharnée à l’exaltation amoureuse. L’Eglise allant jusqu’à considérer l’hétérosexualité comme un vecteur de maladie, puis comme une maladie elle-même: «Elle a cherché à éviter la hantise du pêché de chair en citant les médecins pour qui l’amour est une maladie.» Il est alors intéressant de constater qu’aujourd’hui l’Eglise soutient mordicus une culture qu’elle a longtemps décriée. Et de nous faire croire que pratique hétérosexuelle et culture homosociale seraient antagonistes.

 

 

And the winner is…
 la fin du XIXe, les psychiatres inventent un mot pour désigner une pathologie psychique redoutable: l’hétérosexualité! «Néanmoins, la passion hétérosexuelle est parvenue à s’imposer pour des raisons qu’on ne peut expliquer mais dont on peut relever le paradoxe et l’inattendu.» S’imposer, on peut le dire! Au point de triompher et de bannir toute autre forme de culture amoureuse. «L’hétérosexualisation de certaines œuvres de Shakespeare, par exemple, est assez spectaculaire. Ses sonnets comportent 126 poèmes adressés à un jeune homme et 24 adressés à une femme. Et pourtant, on a déployé des trésors d’imagination pour cacher le caractère bisexuel du recueil. C’est une des œuvres les plus importantes du XVIe, mais on la cite très peu.» Faudrait-il au moins se réjouir de voir les femmes ainsi mises à l’honneur? «Surtout pas, rétorque Louis-Georges Tin. À la même époque co-existent l’amour courtois et la chasse aux sorcières. On leur dit qu’elles sont formidables à condition qu’elles se conforment à un idéal, sinon elles sont immondes. Quand on veut promouvoir la femme et non les femmes, c’est toujours suspect.» Aujourd’hui encore, l’immense majorité des sociétés étudiées ne fonctionnent pas autour de la célébration du couple hommes-femmes. «Mais tout est en contact avec la culture européenne», ajoute Louis-Georges Tin, «notre modèle s’est répandu dans le monde entier.»

L’auteur, qui s’attendait à une volée de bois vert de la part de certains chercheurs conservateurs, a été quelque peu surpris. «Le livre n’a reçu que des critiques positives. Je sais que certains sont choqués et qu’ils cherchent la faille. Mais jusqu’ici, aucune objection à l’ouvrage n’a été présentée.» La faille, c’est plutôt Louis-Georges Tin qui l’a trouvée, en ouvrant un champ dans l’histoire des sexualités: l’étude de l’hétérosexualité. Un sujet bien trop sérieux pour être laissé aux seuls hétérosexuels…
 

L’invention de l’hétérosexualité de Louis-Georges Tin, Editions Autrement

Edna Castello

février 2009

 

Source :360ch
Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 26 janvier 2009



Jerry est gérant dans la restauration à Philadelphie. Il est toujours de bonne humeur et a toujours quelque chose de positif à dire. Quand on lui demande comment il va, il répond toujours : "Si j'allais mieux que ça, nous serions deux : mon jumeau et moi !" Quand il déménage, plusieurs serveurs et serveuses sont prêts à lâcher leur job pour le suivre d'un restaurant à un autre pour la seule raison qu'ils admirent son attitude. Il est un motivateur naturel.
 

Quand un employé file un mauvais coton, Jerry est toujours là pour lui faire voir le bon côté des choses.
 

Curieux, je suis allé voir Jerry un jour pour lui demander : "Je ne comprends pas. Il n'est pas possible d'être toujours positif comme ça, partout, tout le temps. Comment fais-tu ?"
 

Et Jerry de répondre : "Tous les matins à mon réveil, je me dis que, aujourd'hui, ou bien je choisis d'être de bonne humeur, ou bien je choisis d'être de mauvaise humeur. Je choisis toujours d'être de bonne humeur.
 

Quand il arrive quelque incident déplorable, ou bien je choisis d'être la victime, ou bien je choisis d'en tirer une leçon. Quand quelqu'un vient se plaindre à moi, ou bien je choisis d'entendre sa plainte, ou bien j'essaie de lui faire voir le bon côté de la chose."
 

"Mais ce n'est pas toujours si facile", lui dis-je. Et Jerry d'enchaîner : "La vie, c'est une question de choix. On choisit sa façon de réagir aux situations. On choisit de quelle façon les autres peuvent nous influencer ou non. On choisit d'être de bonne humeur ou de mauvaise humeur. On choisit de vivre sa vie de la manière qui nous convient."
 

Plusieurs années plus tard, j'entends dire que Jerry a fait incidemment ce qu'on ne doit jamais faire dans la restauration : il a laissé déverrouillée la porte arrière du restaurant un bon matin et il s'est fait surprendre par trois voleurs armés. En essayant d'ouvrir le coffre fort, sa main tremblait de nervosité, il n'arrivait pas à faire la combinaison numérique.
 

Un des intrus a paniqué et a tiré. Heureusement pour Jerry, les choses n'ont pas traîné et il a été vite transporté à l'hôpital. Après dix-huit heures de chirurgie et des semaines de soins intensifs, Jerry a reçu son congé de l'hôpital avec des débris de la balle qu'on avait réussi à lui retirer du corps.
 

J'ai revu Jerry six mois après l'incident et je lui ai demandé comment il réagissait à tout ça. "Si j'allais mieux que ça, dit-il, nous serions deux : mon jumeau et moi. Tu veux voir les cicatrices ?" Je n'ai pas voulu voir la blessure mais je lui ai demandé ce qui lui avait passé par la tête au moment du vol.
 

Et Jerry de dire : "La première chose qui m'est venu à l'idée est que j'aurais dû fermer à clé la porte arrière du restaurant. Et puis, étendu sur le plancher après m'être fait tiré une balle, je me suis souvenu que je pouvais encore faire un choix : ou bien de vivre ou bien de mourir. Et j'ai choisi de vivre."
 

"T'as pas eu peur ?" lui dis-je. Et lui de répondre : "Les ambulanciers ont été bien corrects. Ils n'ont pas essayé de me dire que tout allait bien. Mais en entrant dans le bloc opératoire de l'hôpital, j'ai vu l'expression faciale des médecins et des infirmières et, là, j'ai eu peur. J'ai vu dans leurs yeux que j'étais un homme mort et j'ai su que je devais agir vite."
 

"Et alors, qu'as-tu fait?" "Eh bien, mon ami, il y avait une grosse infirmière qui me bombardait de questions ; elle voulait savoir si j'étais allergique à quelque chose. J'ai dit oui, et les médecins et les infirmières se sont arrêtés pour entendre ce que j'allais leur dire. J'ai pris une profonde respiration et je leur ai dit que j'étais allergique aux balles de fusil ! Quand ils ont eu cessé de rire, je leur ai dit que j'avais fait le choix de vivre et qu'ils feraient mieux de m'opérer comme si j'étais un homme vivant plutôt qu'un homme mort !"
 

Jerry a survécu grâce à l'expertise des médecins mais aussi grâce à son attitude étonnante ! J'ai appris de lui que, à tous les jours, nous devons faire des choix : ou bien de profiter pleinement de la vie ou bien de s'y emmerder tant qu'on veut.
 

La seule chose qui nous appartient et que personne ne peut contrôler, ni nous enlever, ce sont nos attitudes. Alors, quand on peut cultiver des attitudes positives, tout le reste est de la "petite bière".



Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 7 janvier 2009
Je crois qu'il faut être vigilant à l'intox et la manipulation médiatique. La guerre des communiqués bat son plein. Rien n'est simple et diaboliser un camp ou un autre serait une erreur.

Dans la lignée de l'article de Glucksmann, dans le post précédent, j'ajoute celui de Jean-Marie Allafort, paru dans "Un écho d'Israël" en date du 5 janvier, qui relate l'intervention de Shimon Peres, Président de l'état d'Israël :

Shimon Pérès : la paix sera notre victoire

lundi 5 janvier 2009, par Jean-Marie Allafort



Les enfants et les jeunes du sud d’Israël ne vont plus à l’école depuis plus d’une semaine suite aux roquettes qui ne cessent de pleuvoir. Depuis dimanche dernier la deuxième chaîne de télévision diffuse en direct de 9h à 12h, un programme éducatif adapté aux circonstances pour les élèves des régions touchées directement par la guerre. Ainsi des intervenants comme le journaliste Haïm Yavin, ou encore les écrivains Meïr Shalev ou Youkhi Brandès se sont succédés pour donner des leçons télévisées.
 
Le premier intervenant de cette série inédite fut le président de l’Etat Shimon Pérès qui se proposa de donner un cours d’instruction civique qui fut aussi une leçon d’histoire. Il avait invité dans sa résidence 45 élèves venus des localités visées par les roquettes et les missiles. Sa leçon a été suivie avec attention, non seulement par les jeunes mais aussi par les adultes du pays, à l’étranger et dans les rangs du Hamas.
 
En voici quelques extraits significatifs.
 
"Nous avons vu hier les soldats avec leurs lourds paquetages sur le dos. Dans chaque paquetage il y avait toute l’histoire de notre peuple. Nous avons vu les officiers avec des lunettes optiques nocturnes qui allaient de l’avant, essayant de regarder vers l’avenir.
 
Nous ne sommes pas un peuple qui aspire à la guerre. Nous ne sommes pas un peuple qui agresse. Nous ne sommes pas un peuple qui hait. Notre but n’est pas de détruire les Arabes mais d’arriver à la paix. C’était très beau de voir les responsables du pays se lever et dire ’nous avons hésité’. Nous avons hésité parce que nous ne voulons pas d’injustice. (…) Aujourd’hui encore le gouvernement fait preuve de retenue. Nous ne voulons pas détruire Gaza, nous ne voulons même pas détruire le Hamas mais seulement le terrorisme. Lorsque je regarde leurs enfants, mon cœur me fait mal. Ils les utilisent comme des moyens de combat. Nous nous n’avons aucune volonté de toucher des innocents. Je suis fier des soldats et de leurs commandants qui ont préparé cette bataille. Tsahal poursuit l’opération "coulée de plomb" qui est une opération juste et justifiée dont le but est de porter un coup au Hamas, de renforcer notre force de dissuasion et de parvenir à une sécurité meilleure et stable dans la durée autour de la Bande de Gaza.
 
Il y a des personnes qui disent qu’Israël réagit de façon démesurée. Je pose la question : c’est quoi démesuré ? Faire cesser seulement une partie des missiles ? Avec cela, le bon dosage est entre une bonne appréciation pour que des innocents ne soient pas touchés et ce qui est requis pour que ces fous extrémistes comprennent qu’ils n’ont aucune chance et qu’ils paieront le prix de leurs actes.
 
Nous ne savons pas combien de temps durera l’opération. Il n’existe rien de parfait dans la vie de même qu’il n’y a rien de définitif. Nous sommes un petit Etat, démocratique, juste et qui aspire à la paix. Nous avons le sentiment que cette guerre est nécessaire et justifiée. Si nous la gagnons, notre victoire sera la paix."

 
Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 7 janvier 2009
A l'heure où la diplomatie semble marquer quelques points en Israël et à Gaza, un article d'André Glucksmann, paru dans le Monde d'hier, me semble interessant :

Point de vue 

Gaza, une riposte excessive ?, par André Glucksmann

LE MONDE | 06.01.09 | 10h50  •  Mis à jour le 06.01.09 | 11h57 



Devant un conflit, l'opinion se divise entre les inconditionnels qui ont décidé une fois pour toutes qui a tort et qui a raison, et les circonspects qui jugent en fonction des circonstances telle ou telle action comme opportune ou inopportune, quitte à retenir, s'il y a lieu, leur jugement jusqu'à plus ample informé. L'affrontement à Gaza, aussi sanglant et terrible soit-il, laisse poindre pourtant une lueur d'espoir que les images chocs recouvrent trop souvent. Pour la première fois dans le conflit du Proche-orient, le fanatisme des inconditionnels paraît minoritaire. La discussion chez les Israéliens (est-ce le moment ? Jusqu'où ? Jusqu'à quand ?) roule comme à l'habitude dans une démocratie. La surprise est qu'un semblable débat partage à micros ouverts les Palestiniens et leurs soutiens, à tel point que, même après le déclenchement des opérations punitives israéliennes, Mahmoud Abbas, chef de l'Autorité palestinienne, trouva le courage d'imputer au Hamas, en rupture de trêve, la responsabilité initiale du malheur des civils à Gaza. 
 

Les réactions de l'opinion publique mondiale – médias, diplomates, autorités morales et politiques – semblent malheureusement en retard sur l'évolution des esprits directement concernés. Force est de relever le mot qui fait florès et bétonne une inconditionnalité du troisième type, laquelle condamne urbi et orbi l'action de Jérusalem comme "disproportionnée". Un consensus universel et immédiat sous-titre les images de Gaza sous les bombes : Israël disproportionne. A l'occasion, reportages et commentaires en rajoutent : "massacres", "guerre totale". Par bonheur, on évite à ce jour le vocable "génocide". Le souvenir du "génocide de Jénine" (60 morts), partout rabâché à la va-vite et depuis déconsidéré, paralyserait-il encore l'excès de l'excès ? Néanmoins la condamnation, a priori, inconditionnelle, de l'outrance juive régule le flot des réflexions.
 

Consultez le premier dictionnaire venu : "est disproportionné ce qui est hors de proportion" soit parce que la proportion n'existe pas, soit parce qu'elle se trouve rompue, transgressée. C'est la deuxième acception qui est retenue pour fustiger les représailles israéliennes jugées excessives, incongrues, disconvenantes, dépassant les bornes et les normes. Sous-entendu : il existerait un état normal du conflit Israël-Hamas que le bellicisme de Tsahal déséquilibre, comme si le conflit n'était pas, comme tout conflit sérieux, disproportionné dès l'origine.
 

Quelle serait la juste proportion qu'il lui faudrait respecter pour qu'Israël mérite la faveur des opinions ? L'armée israélienne devrait-elle ne pas user de sa suprématie technique et se borner à utiliser les mêmes armes que le Hamas, c'est-à-dire la guerre des roquettes imprécises, celle des pierres, voire à son libre gré la stratégie des attentats-suicides, des bombes humaines et du ciblage délibéré des populations civiles ? Ou, mieux, conviendrait-il qu'Israël patiente sagement jusqu'à ce que le Hamas, par la grâce de l'Iran et de la Syrie, "équilibre" sa puissance de feu ? A moins qu'il ne faille mettre à niveau non seulement les moyens militaires, mais les fins poursuivies. Puisque le Hamas – à l'encontre de l'Autorité palestinienne – s'obstine à ne pas reconnaître le droit d'exister de l'Etat hébreu et rêve de l'annihilation de ses citoyens, voudrait-on qu'Israël imite tant de radicalité et procède à une gigantesque purification ethnique ? Désire-t-on vraiment qu'Israël en miroir se "proportionne" aux désirs exterminateurs du Hamas ? Dès qu'on creuse les sous-entendus du bien-pensant reproche de "réaction disproportionnée", on découvre combien Pascal a raison et "qui veut faire l'ange, fait la bête". Chaque conflit, en sommeil ou en ébullition, est par nature "disproportionné". Si les adversaires s'entendaient sur l'usage de leurs moyens et sur les buts revendiqués, ils ne seraient plus adversaires. Qui dit conflit, dit mésentente, donc effort de chaque camp pour jouer de ses avantages et exploiter les faiblesses de l'autre. Tsahal ne s'en prive pas qui "profite" de sa supériorité technique pour cibler ses objectifs. Et le Hamas non plus qui utilise la population de Gaza en bouclier humain sans souscrire aux scrupules moraux et aux impératifs diplomatiques de son adversaire.
 

On ne peut travailler pour la paix au Proche-Orient qu'à la condition d'échapper aux tentations de l'inconditionnalité, lesquelles hantent non seulement les fanatiques jusqu'au-boutistes, mais aussi les âmes angéliques qui fantasment une sacro-sainte "proportion" propre à équilibrer providentiellement les conflits meurtriers. Au Proche-Orient, on ne se bat pas seulement pour faire respecter une règle du jeu, mais pour l'établir. On peut à juste titre discuter librement de l'opportunité de telle ou telle initiative militaire ou diplomatique, sans toutefois supposer le problème résolu d'avance par la main invisible de la bonne conscience mondiale. Il n'est pas disproportionné de vouloir survivre.
 
André Glucksmann est philosophe 

 

Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 1 janvier 2009
Je ne résiste pas, en ce début d'année, à l'idée de vous montrer et de vous partager le bonheur d'habiter un petit coin de paradis. Paradis, tout simplement parce que c'est beau. Le coin est beau, la nature est belle !

A l'ulpan où j'apprends l'hébreu de manière intensive, je croise bien sûr tous les "holim hadashim", ces nouveaux arrivants de tous les coins du monde qui viennent s'installer en "Eretz Israël", mais aussi des juifs messianiques, des chrétiens orthodoxes éthiopiens, de ceux qui ont, entre autre, la garde du St Sépulcre, ou de simples touristes à long terme.

A Abu Gosh où il m'arrive d'aller me ressourcer, c'est tout ce que compte Israël de chrétiens francophones qui se retrouvent régulièrement en ces lieux chargés d'histoire et de prières. Certains sont en poste à Jérusalem, d'autres à Bethléhem.

Ce qui me plaît bien en ce pays, c'est la possibilité de faire un tas de rencontres, avec des juifs israéliens bien sûr, mais aussi avec des palestiniens, des chrétiens, des musulmans.


Je profite donc d'un petit reportage du "Courrier International" d'octobre 2007 pour vous emmener à Ein Karem, lieu de naissance de St Jean Baptiste, et lieu de la Visitation entre Marie et Elisabeth.
L'article entier peut être lu à cette adresse.

"Des clochers, une source coulant en abondance, des montagnes boisées et un panorama à couper le souffle. Non, ce n’est pas Lausanne, mais un vieux village des faubourgs de Jérusalem, dont les murs regorgent de trésors cachés.


Imaginez un petit village entouré de montagnes verdoyantes, des clochers, une source, une merveille à chaque coin de rue et des restaurants de style européen. Imaginez des trésors perdus que certains espèrent découvrir un jour ou l’autre, touchés par la grâce. Imaginez un village jadis visité par des généraux britanniques, des aristocrates européens, et même par le pape. Non, vous ne rêvez pas ! Cet endroit existe. Il se trouve à deux pas de Jérusalem. Ein Kerem, c’est le meilleur de l’étranger à Jérusalem. 

Pour visiter ce faubourg occidental de Jérusalem, il suffit de prendre sa voiture, de traverser le village et de se garer (gratuitement) soit dans le parking aménagé en haut de la route, soit à proximité de la source, au cœur du village. Du centre du village, il faut remonter vers le nord par un chemin étroit qui mène à l’église Saint-Jean-Baptiste. Remarquez les deux mains gravées dans la pierre sur le porche de l’église, chacune tenant un rameau. L’une symbolise Jésus crucifié, l’autre la main de saint François d’Assise, fondateur de l’ordre des Franciscains, qui est chargé de la protection des Lieux Saints pour le compte du Vatican. 
 

Bien que cette église n’ait été édifiée qu’au XVIIe siècle, on peut deviner sous ses fondations les restes d’un temple dédié à Aphrodite (ou Vénus), ainsi que les ruines d’une église byzantine et croisée. En 1939, lorsqu’un bataillon de fusiliers britanniques prit possession des lieux [au plus fort de la révolte arabe contre le projet sioniste], un des canons provoqua l’affaissement du sol, ce qui permit de découvrir des restes de mosaïques, des inscriptions, ainsi qu’une statue d’Aphrodite. 
 

Pour plus de 1 milliard de chrétiens, Ein Kerem est le lieu de naissance de Jean, l’un des messagers de la révélation chrétienne. Selon la tradition chrétienne, son père, Zacharie (ou Zekharia), était un prêtre du Second Temple, et sa mère, Elisabeth (ou Elisheva), était la petite-fille de Matan, un prêtre issu de la lignée d’Aaron, et ils vivaient à Ein Kerem. 

A l’intérieur de l’église se dresse une abside impressionnante, orientée vers l’est, qui abrite les statues de Zacharie et d’Elisabeth. A gauche de l’abside, on distingue une petite crypte où serait né Jean-Baptiste – toujours selon la tradition chrétienne. Sur certaines des peintures qui ornent les murs de la crypte, on peut le reconnaître à sa barbe, à ses vêtements (en peau de chèvre) et à son bâton orné d’un serpent. Pendant des siècles, à une époque où le commun des mortels ne savait ni lire ni écrire, le christianisme s’adressa ainsi à ses fidèles par le biais de peintures ou d’icônes. 

.../...

Quittons l’église Saint-Jean-Baptiste et allons vers le couvent des Sœurs-de-Notre-Dame-de-Sion, à cinq minutes. Au milieu du XIXe siècle, un juif converti au christianisme, Alphonse Ratisbonne, s’installa à Jérusalem. Il y laissa de nombreuses traces, comme le monastère de Ratisbonne (à côté du vieil immeuble Betzalel) et l’église des Sœurs-de-Notre-Dame-de-Sion, dans la vieille ville de Jérusalem. Ratisbonne, fondateur de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame-de-Sion, dut user de la ruse pour acquérir les terres nécessaires à l’édification du couvent et contourner le droit ottoman, qui interdisait la vente de terres à des non-musulmans. A gauche du sentier, on peut encore voir sa modeste demeure, entourée de cèdres âgés de plus de 130 ans.


Continuons vers la pension et profitons de la vue impressionnante sur les collines de Judée. En hiver, on peut voir l’eau bouillonner derrière le fameux barrage d’Ein Kerem. Au cours des hivers les plus pluvieux, il arrive que les eaux débordent du barrage pour déferler en un torrent impétueux. Quelques mètres plus bas, on arrive au modeste cimetière du couvent où Ratisbonne est enterré. Sur sa tombe se dresse une statue de la Vierge Marie où est gravée la phrase : “O Marie, souviens-toi de ton enfant, délicieux et adorable triomphe de ton amour.” 


Sur le site, on trouve même un sarcophage de l’époque du Second Temple [construit en 515 av. J.-C., il a été détruit en 70]. La vue vers le sud est à couper le souffle. On découvre aussi la tour de l’église de la Visitation, ainsi que l’église orthodoxe russe, dont la construction, qui a débuté en 1905 et a été interrompue pendant près d’un siècle, vient seulement d’être terminée. 


En sortant du couvent vers la droite et en reprenant la rue principale, on peut bifurquer vers la source d’Ein Kerem. Selon la tradition chrétienne, c’est ici que Marie, mère de Jésus, aurait rencontré sa cousine Elisabeth alors qu’elles étaient toutes deux enceintes ...


En continuant vers le sud, on grimpe vers l’impressionnante église de la Visitation. Si vous demandez l’autorisation d’accéder au clocher et que vous avez de la chance, ne ratez pas les peintures spectaculaires décorant les murs ; sur l’un d’eux, une mosaïque porte une prière du Nouveau Testament traduite en plus de quarante langues. Depuis là-haut, vous pourrez jouir d’un panorama splendide, avec une vue imprenable sur la vallée du Sorek, de sa source jusqu’à son embouchure, à Palmahim [au sud de Tel-Aviv ; selon la tradition juive, le Sorek séparait les Hébreux et les Philistins]. 

La visite est maintenant terminée. Il n’y a plus qu’à retourner vers le centre du village, où la balade a commencé. Jusqu’en 1948, Ein Kerem fut un village arabe. Pendant la guerre d’Indépendance [1948], les habitants arabes de ce faubourg de Jérusalem abandonnèrent leurs foyers. Certains traversèrent le Jourdain, tandis que la plupart trouvèrent refuge à Bethléem. .../...


Mais terminons par une petite histoire d’amour. Dans les années 1930, la ville de Jérusalem se passionna pour une histoire d’amour qui avait pour théâtre les ruelles d’Ein Kerem. Les protagonistes étaient – comment aurait-il pu en être autrement ? – un Arabe chrétien d’Ein Kerem, Jabra, et une juive de Mahané Yehuda [quartier populaire de Jérusalem-Ouest], Allegra. Inutile de vous faire un dessin sur l’opposition des deux familles à cette idylle. Mais l’amour eut le dernier mot, et les amoureux se marièrent. Comme dans un film turc, le père d’Allegra répudia sa fille et observa la shiv’a [deuil de sept jours], tandis que Jabra fut interdit de séjour à Ein Kerem. Allegra se convertit par la suite au christianisme et se consacra à l’éducation et à la charité. Jabra, quant à lui, fit carrière dans le commerce et devint le principal fournisseur de viande de l’armée britannique. En définitive, les deux amoureux revinrent à Ein Kerem et vécurent dans une maison, que l’on surnomme depuis lors en arabe et en hébreu “la maison de la juive”.

Texte de Ron Peled Yediot Aharonot"
Source Dessins Haya White 

 


Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 23 décembre 2008


Joli message d'espoir et d'amitié en ces temps de fête

"Stand by me"
Song around the world 




 
Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 10 décembre 2008

 

Vu chez Sébastien :

"J'ai déjà dit que le péché ne peut pas se trouver dans un échange du plaisir charnel.
Peut-on tout faire ? Non. 
Une seule règle : inclure le rapport charnel dans une dimension affective qui sauvegarde la liberté du partenaire. 
Si cela n'est pas respecté, là est le péché pour les chrétiens et là, seulement. 
Et pour bien d'autres, ce respect est aussi l'assurance de ne pas forcer l'entrée en risquant un viol. 
Si l'on avait seulement dit cela dans nos banlieues surpeuplées de jeunes sans vrai soutien familial, que de drames évités ! 
J'ai dit des centaines de fois : vous pouvez tout jeter des prescriptions des vieux, sauf le respect et l'affection. 
Vous pouvez faire varier les partenaires, les situations juridiques, les circonstances, dès que deux personnes ont un respect et une affection même limitée, elles peuvent se le dire dans un langage corporel chaque fois différent et adapté. Ce langage corporel n'a rien à voir avec la fécondité. 
Il peut signifier autre chose que la multiplication de l'espèce, mais pour un être humain, il ne peut pas être sans signification."

Jésus malgré tout
essai de compréhension des mutations de la foi chrétienne et des institutions de l'Eglise catholique
Salvetat Jean Jacques 







 
Question : Est ce que je me respecte moi-même en faisant indéfiniment varier mes partenaires ? Je n'en suis pas vraiment sûr.  

 

Par Mathieu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Ave Maria - Notre Dame Paris


Recommander

Recherche

Jerusalem, for Pride and Love

Derniers Commentaires

Présentation

Profil

  • : Mathieu
  • anothergaylight
  • : Homme
  • : Célibataire
  • : Toulouse

Contact Mathieu ...

Syndication

  • Flux RSS des articles

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Live Traffic Feed

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus